textes

PRÉSENTEMENT

I

   Ici, c’est joli, c’est comme le ciel bleu de l’azur, c’est toutes les montagnes, c’est toute la joie des fleurs, de la merveille des natures non saturées. Là, maintenant, sur les chemins de la colline, qu’on la marche ensemble avec toi quand il fait bleu sous la mer aux poissons, on y voit la lagune qui jaunit le terrain militaire. Les saules sont joyeux. Il y a des papillons sur tes épaules blanches qu’on dirait des nuages à bourrelets de graisse à croquer. C’est qu’il fait chaud. Le terrain désert se recouvre d’herbes folles et c’est complémentaire aux couleurs du sol rouge. En hiver, c’est pas pareil, les oiseaux sont perdus, on ne les trouve qu’à la jumelle, avec ta sœur, ou ton frère.

Sur cette route serpentine, avec mes compagnons compatissants, nous nous éloignons du bord. Nous traversons un champs de tir sous la houlette du grand Commandeur des Sioux à genoux. Nous, torses nus, avons beaucoup marché sous la pluie du soleil, nous avons faim maintenant. Au loin à gauche une maison nous nous y précipitons. Une fumée blanche hors cheminée et un fumet alléchant. En y pénétrant dedans une femme assise prépare la tambouille elle nous invite à sa table et nous dégustons rognons rôtis oignons. C’est bon. Elle sert à toute la fratrie du vin et nous sommes contents. Après repas nous siestons, les plus hardis vont à l’ombre du grand chêne, au milieu du jardin. L’herbe est grasse, l’air s’est allégé comme une crème. Nous rêvons que nous dansons, à moins que ce ne soit le contraire.

Vous savez, me dit-elle en me réveillant, vous avez bien de la chance. Hier j’étais absente et je n’aurai nullement pu vous régaler. En course en ville, bien habillée, bien maquillée et fagotée comme une tourterelle, j’ai fait mes emplettes, suis rentré dans ma chaumière que tard le soir, et chargée comme un revolver au nez rouge. J’ai nourri mes bêtes. Aujourd’hui je vous nourris qui sait demain ce qu’il devient. Dans les arbres le vent sifflait. Les oiseaux sombres tournaient l’air en hélice, un vrai délice que cet univers où nous étions choyés. Elle me redit la même chose deux fois, histoire que j’imprime ce qu’elle exprime correctement. Son visage est rose comme un bleuet et son nez pointu à l’allure d’un pic de haute voltige. Des yeux bleus comme un œuf et ses lèvres framboises. Mon désir est irrépressible et je l’embrasse, ma galette. Mes camarades sont debout, nous la félicitons, nous reprenons chemin, le ventre plein et l’âme avide.

Nous poussons jusqu’à la forêt. ça sent le champignon, la moisissure, le bois pourri, l’air frais, l’air humide. Le ciel est dégagé, clair et net. Au loin, parfois plus près, des coups de fusils. L’animal traverse, puis disparaît. L’oiseau quitte sa branche, j’arrache la mousse pour me rincer les mains. Je pense que la mer ne montera pas jusque là. Je lui demande son avis, elle me répond un sourire. Pourtant, en marchant, on écrase des coquillages. Les lapins, la nuit, on les écrase en voiture, parce qu’ils se précipitent dessous. C’est pas qu’on les braconne, c’est leur attitude suicidaire qui fait qu’on les flingue, qu’on les dézingue, qu’on les exécute. Leurs âmes sont des colombes… J’y vois pas bien… c’est pas bien net… ces histoires sont étranges, il y a comme un double, qui se superpose à la réalité… « pan pan » fait le fusil.

La pluie. La pluie la pluie la pluie rend boueux le chemin et les voitures éclaboussent poussent dedans tire un coup en arrière. Mon parapluie est tout défoncé. La rue est remplie d’eau et les canards sauvages sont dans les jardins privés. J’ai même vérifié la véracité des faits en allant voir moi-même sur les bords qui débordent d’une eau sale et terreuse et les arbres qui tombent dedans qui roulent avec, qui sont dehors mouillés et trempés, plongés dans la vase puante, il n’y a plus aucun lapin. Je monte sur le pont pour un spectacle global. La rivière est gonflée à bloc. Des véhicules flottent, on les embarque. On embarque ces véhicules terrestres, cloportes à gaz, roues motrices, triste fin dans la fistule. Mais c’est nouveau, l’eau baisse, l’eau se retire, redécouvre les routes, les chemins, les pins, les jardins. Les fleurs sont dressées sur leur tige et l’abeille bourdonne.

II

   L’avion survole les zones imbibées. Les routes ont complètement disparu. Des bosquets d’arbres comme des îles sans ailes plantées là, au milieu de la mer d’herbes et des fermes pointent tout juste au dessus du niveau d’eau noire dans laquelle reflètent nuages de coton. On rase les mottes. Des canalisations ont été détruites et des geysers crachent. Faut pas couler, faut remonter à la source. Un héron, une mouette, un canard, toute une civilisation est troublée par ce changement radical. Les rats pullulent, entrent dans les maisons. Nous montons à l’étage, abandonnons le rez à raz du flot. Elle a pris son bébé dans les bras. Elle m’a bien accueilli, quand même. Chez eux, toute la famille est réunie et s’apprête à manger. Elle me sert un café. Je salue ces gens que je ne connais qu’à moitié. Nous entamons la discussion. Elle est animée. Chacun apporte son lot d’expérience, ou d’expérimentation. On pourrait parler longtemps comme ça. Il est l’heure d’aller au marché, sur les hauteurs de la ville, sur la grand place aérée du centre, sous les cloches.

Ça vire au gris les nuées claires, foncées et le vent par dessus le marché qui souffle sous le dos. Le sol est gelé donc mes pieds sont gelés. Mains dans les poches, mes gants de laine trouée tout au fond je les mets ou pas je les mets pas je les mets. J’ai enfoncé mon bonnet rayé jusqu’aux yeux je les plisse j’y vois comme l’œuf au blizzard c’est bœuf. La rivière tout au bout de la rue et quelques flocons me dit-on. Tous les hivers je sors me réchauffer dehors car la maison est glaciale. Dedans j’y cours j’y virevolte j’y chante j’y danse je me réchauffe comme je peux et comment te le dire, je bois la soupe avec toi quand tu veux. Tu viens rarement. J’ai des courses à faire, à défaire. J’ai des textes à écrire, des lieues à parcourir, des bouches à nourrir. J’ai des murs à boucher, des bosses à aplatir, des creux à combler. J’ai des livres à lire, des vers à étudier, des stèles à déplacer. Je suis moi-même, j’en suis désolé, et plus j’avance, plus je trouve que les classiques sont modernes.

De même, les notions de conservation ou de progression sont très relatives, je dirai même absolument relative… ainsi peut-on trouver, après recherche, des progressistes très conservateurs et des conservateurs progressistes. Aujourd’hui, le soleil est haut dans le ciel dégagé. Tout l’après-midi d’hier j’ai marché seul dans les rues de cette ville huppée. De fantastiques maisons y ont été construites, grandes comme dix fois, voire vingt fois la mienne, avec des télévisions dedans et des antennes dehors, des baies vitrées gigantesques, des plafonds à trois mètres, des balcons dans tous les sens et des gouttières qui gouttent à gouttes vers des sols de galets. Ma chaumière est humble et vide, on ne doit pas vivre la même époque, le même temps, le même espace. La richesse est ailleurs.

Je longe l’église, je traverse un parc, je descends vers la mer, je prends l’escalier jusqu’à la plage, je m’allonge sur le sable gris, je m’assoupis, bercé par la brise légère de printemps. Le soleil brille blanc dans le ciel du matin et le jardinier me demande si ça va bien je lui réponds que oui qu’il faut couper les joncs rasibus entre les pineraies et les oliveraies. Toute la journée son moteur vrombit et le soir il ne reste plus rien. Il s’en va manger le midi, il revient à quatorze heures. Entre temps j’ai coupé mon bois à la tronçonneuse pour pas tomber en rad aux dernières nuits de l’hiver. Je ne voudrais pas dormir dehors. Je ne voudrais pas que tu m’appelles tout le temps. Je voudrais me nourrir convenablement. J’ai fait mille choses. Je reconnais avoir mes torts. J’ai mes raisons.

D’ici, le point de vue est magnifique, grandiose, splendide. On est monté sur la butte poilue, après la bataille. On sait pas trop pourquoi ils ont combattu là pendant des nuits entières, dans le froid et la boue, préoccupés d’or. C’est là qu’ils se sont massacrés jusqu’au dernier, plus un arbre, plus un tronc, plus une moustache. Les serpents ont sifflé. Les loups ont dévoré. Les hyènes ont hurlé, les enfants ont pleuré. Mon camarade de gauche m’interpelle. « N’as-tu pas une cigarette » qu’il me dit, « un clop? », je lui réponds que non. Il y a des fumées blanches, des fumées noires dans le lointain, le paysage est désolé. Mon camarade de droite me demande : « As-tu signé ta déposition, as-tu signé en ton nom ? » idem je lui réponds que non, je n’ai rien à voir avec tout ça, toute cette fumisterie grise, et je clos la conversation, l’esprit couvert.

III

   Mais la boue, toujours la boue, pataugeons en terre. Nos biens, nous les partageons, même s’ils sont maigres. La pluie sans cesse à la place de la neige et les bourrasques qui défigurent le pays et les toitures envolées, on ne les retrouvera jamais. Dans le jardin c’est pareil, des arbres sont tombés, il y a des trous, des oiseaux s’y baignent. Tous les jours je coupe le bois qui reste. Tous les jours, la mer monte. Je descends dans la cave avec toi, c’est bas de plafond, il faut se courber pour progresser. Un véritable tunnel, il faut la lampe, un long boyau avec des inscriptions, des dessins graves ou gravés. Depuis une bonne heure maintenant nous marchons, dans cette obscurité triste. Elle est devant, je la suis, j’ai confiance en elle, c’est ma lumière, mon indic. Nous arrivons dans cette grande pièce éclairée naturellement. Les langues se dénouent, Diotime me dit que l’heure du média a sonné, que l’ère du média est terminée. L’être devient médium. La femme, l’homme, de par ses sens, prend possession du monde, se connecte au réel… je rêve. Je dois me souvenir de déjeuner moins vite.

Elle monte, descend, elle est comme la mer. Comme pourrait le dire ce grand fou de Shakespeare ou cet extravagant Lao tzeu, il y a dans la nuit des moments de veille et au jour des moments où l’on sieste. Mais souvent dans les conférences, je m’ennuie. Le temps est précieux, le temps est rare. Je prends mon élan, je la quitte. Dans la rue je me sens libre, délivré, je respire, je cours comme un gamin, je bondis. Les ruelles sont fraîches à c’t’heure, c’est d’autant meilleur. Je te croise. Je ne pensais pas te trouver ici mais tu es là c’est drôle. Le seul moyen de te trouver, c’est de t’oublier. J’ai croqué dans tes pommes, je suis une bonne poire. Tu as le verbe haut, mets-le en sourdine. Quand tu dis oui tu dis non, il n’y a pas de discussion. L’instant d’après on se séparait, chacun reprenait son chemin je crois de bois c’était l’enfer j’étais heureux par la campagne.

J’irai sur la montagne. J’y voyais toutes ces fleurs. Je verrai plus tard, j’allais là-haut. Je la cueillais je l’embrasserai. Je lui dirai des mots dont elle se souvenait. Dans la vallée du bas nous courions et je la caresserai doucement. Nous nous assiérons dans l’herbe grasse et fumante et je la flattais de sa délicate beauté rose. Nous approchions de la rivière transparente, je lui prendrai sa main chaude et diaphane, parcourue de quelques veines fines bleues. Le soleil souple ravivait les odeurs de musc, les oiseaux chanteront d’avenantes mélopées. Nous nous allongeâmes. J’aurai mangé son corps entier comme un glouton. Elle riait dans mes bras quand je la serrerai très fort tout contre moi. Je penserai que je la possède mais elle disparaissait d’un coup, elle s’évanouissait et je m’entendrai dire que ce fut elle qui me posséda.

Je partais demain, j’arriverai hier. Je ne suis pas descendu du train parce qu’il ferait chaud. J’étais vêtu d’un short, long, mais je serai mieux en jupe, courte. J’avais pensé que je serai le bienvenu chez toi mais ce sera toujours compliqué que je fus aimé de toi. Mais il y a plein de fleurs dans ce pré joli et j’aime ces cœurs à pétales. Je me baisserai pour les cueillir et je les mettais dans mon gros panier d’osier, toutes ces petites mignonnes nonchalantes à la robe légère, fluide, nette et sans bavure. Je lui demandais ce qu’elle en penserait si je n’étais pas un peu goujat d’être goulu et nourri aux histoires malicieuses des grands auteurs du passé qui surnagent et renaîtront dans tous les esprits furtifs et voyageurs du futur. Elle me veut tout simplement je crois. Elle me dit des phrases que je voudrais qu’elles soient des déclarations sur l’honneur, c’est de l’ordre du subtil désordre.

Je parlerai du passé au futur. Je parlais du futur qu’est déjà passé. Ceci dit en passant, j’ai froid dans cette maison froide et j’attends la moisson et les médailles. Je me suis rassis dans la salle de bain chaude. Je vois pas que demain c’est maintenant. Qu’à passer sur la terre, on plaisante pas bézef et qu’à l’avenir je le savais que rien serait comme dans les livres ivres de bons sentiments. Tu seras la pomme que je croquais. Tu fus le ver dedans que je fuirai. Nous serons rouge de colère quand tu voulais pas m’écouter conter le sulfure du mot, du moulin et ma parole, vous diagnostiquerez une maladie là où il n’y en eût point. La colline est en fleur gelée. Le ciel la lèche avec sa fourche bleue. Mes pieds sont des racines et mes mains te saluent, ô divin diable des temps intemporels.

avril 2016
 

BÉNÉDICTION – MALÉDICTION

Vanina est follement agitée. Le haut ciel du bas de la cité est rayé par l’image d’Aurélien.
Il retourna le bout de papier mâché et ne put la blâmer lourdement. Elle constate avec
étonnement qu’il s’agit d’un multiple récidiviste. Il est le produit de la mystification de
l’entreprise pour laquelle il travaille.

Perdre son estime est une punition. Ce n’est pas un mensonge. Le mensonge entraîne le
dommage. Il sera puni alors pour ce dommage. Elle trouve même cela amusant comme
preuve d’amour, c’est vrai, c’est flatteur pour elle, c’est le trait principal et l’attribut essentiel
de son caractère.

Elle avale sa glotte. Vanina saute lourdement en pivotant sur l’armoire et la chaise après
avoir disposé au pied levé sa main ce matin sur le plan de l’interphone. Elle révéla son
visage plein et vide.

Non, monsieur, cet hiver, je dois vous entretenir de ce procès avant d’y arriver. D’accord ?
Et je dois partir dès maintenant. Elle est furieuse que son assistant hésitant résistant marque
l’approbation. Mais il n’est que 16 heures et c’est l’heure du goûter. D’habitude, vous ne
partez jamais avant 13 heures, ou 22 heures, répliqua Kyrgos en regardant l’ampoule en
suspens danser.

Ma parole, elle se raidit. Le ton de Kyrgos était clairement malvenu, elle réitéra son
commentaire moqueur. Vanina insinuait qu’elle n’avait pas envie de lui au travail.
Ce soir, pas de souffrance, France, non, Pauline, pas plus ni moins, elle en était contrariée.
Pourriez-vous, je te prie, approcher ce microphone afin que nous puissions râler ? Vanina
dit des mots puis murmura d’autres mots tout bas et reposa le combiné du haut. Il ne se
passait rien. « Elle repassera par là », dis-je à ma souris, parole parole.

Il peut trouver sa place comme arbre prend racine et fontaine. L’honneur d’Aurélien, en
général de l’armée des idées reçues, fait en sorte croire au père puissant des châtiments et
punitions, que cet homme qui ment est sans caractère. Il y a pourtant en lui quelque chose de
bon, de gracieux gracile, ou gras tout court qui en dit long sur sa vivace interprétation des
imaginations certainement et émancipatrice.
C’est son tempérament. Aurélien a un penchant pour Vanina, elle le corrige.
En colère, elle lui inflige une punition avec spasmes formidables.

Sa mémoire défaille. Pas de rapport sexuel trimestriel c’est sa faute ! Elle le lui dit en
tendant sa main sur une feuille rose. Il y dessinait justement au marqueur bleu une lèvre
rouge. « Ooh, je vais me le faire », dit Vanina en se mordant le doigt. Je veux prouver ma
version des faits sur le bateau dès demain après-midi. Elle ne se cachait plus ni ne se
dissimulait.

« Oui oui», dit madame, Vanina prise au fait. Vous avez marché énormément, bigophone
en main aujourd’hui. Il nous a mises toutes les deux en même temps c’était terrible, tordant.
« Oui, monsieur, ce fut exquis », répondit Vanina en clignant des yeux à la tête.

Vérole ! Mérule ! Aurélien, guidé par ses seuls instincts, insiste dans son désir de
soumission aux règles du partage et du devoir. Il fait faire quelque chose de pas clair ni net,
car Aurélien exige d’être puni et il vous remercie sans honte. Nancy comprend le cas très
bien. Il est jaune sur les joues et ne doit à aucun prix chercher à arracher la vérité. Il est
intraitable et aime les munitions. Lorsque Nancy le cuit, Aurélien est des plus égoïstes.
Aurélien devrait s’employer à impressionner son assistante.

Pour sa part, elle détestait ce genre de minet sentimentaliste qu’elle jugeait ridicule, enfantin,
puéril et ridicule encore. Dieu merci ! Il ne travaillait pas dans le compartiment pendant les
récréations et ne nageait pas toute la journée la nuit. Il reporta son attention vers l’assistante.
Visiblement consciente de l’absence de Clarisse, elle lui tournait le dos et parlait à mi-voix
au mégaphone. L’affection qu’elle avait pu avoir pour lui, avait occupé la majeure mineur
partie de la soirée à boire un verre. Son nouvel ami, elle le plongea dans l’acide, décédé en
route. Il s’assoit, il réprime son hystérie, agacé nerveusement. Elle jeta un coup d’un coup de
pied à sa montre pour s’extraire, elle était en avance pour la réunion bimestrielle universelle
du carré des rondeurs.

Il voit, définitivement, la chose comme transgressive et suivie de faits.
C’est à lui de prendre garde, qu’il ne s’en fasse pas une habitude, lorsque les punitions
psychiques sont souvent perpétrées, elles sont des trahisons quand nous mentons, mais elle
n’est pas toujours preuve de mensonge, en vérité.

Après avoir chantonné dans le vague, Vanina dit bonjour et gagne son bureau.
Large des hanches, capricieuse, en robe de soirée dans son meublé privé, il ressemblait à
une statue de directrice de la compagnie départementale des finances publiques.

La petite porte lui donnait une grande visibilité sur le hameau de la Pampa, il lui laissa la
place nécessaire, emporta et classa ses armoires qui couvraient la majeure mineur si dièse et
fa bémol, partie du mur.

Elle mit de l’ordre et du désordre, plancha sa table de travail, rangea et assembla veston au
cordeau, attache au casier, cabane oubliée dans la plaine verte rouge pleine vide à la fois,
réunit ses acolytes, lut un livre.

Alors qu’il dormait sur le bureau de Vanina, elle faillit l’étrangler. En voyant la jeune femme
pendue au dictaphone, il secoua ses mains et dirigea son regard chafouin grand vert amande
vers la conservatrice gauche, mais renonça à intervenir.
S’obstinant à faire la chasse aux masses, la vie amoureuse de Nancy travaillait, elle devenait
énorme, et décevante. Elle fit des confidences aux autres hommes, en somme.

Il se considère comme une victime de cette passion.
Il rougit souvent de l’effronterie avec laquelle elle l’accuse d’une faute.
Elle fait usage du sentiment des ses capacités supérieures.
Vanina n’y voit alors que des effets de sa passion sur l’autre.
Son obéissance adolescente est distincte de celle d’Aurélien.
C’est désobéir à la raison. C’est pénible de perdre ainsi sa voix et son devoir d’éléphant.
Il a grandi, il a besoin d’idées et de savoir. Aussi ne doit-il pas chercher à trouver
une solution, une voie, un trait, une corde à laquelle s’attacher pour former le caractère de
Christiane, on lui afflige comme finalité une amélioration. C’est absurde.

Il faut quelqu’un comme lui au fond départemental de la résurrection, t’imprimes ?
C’est ainsi qu’elle s’exprime.
Un léger dingue, un fou ordonna la fermeture des portes.
La cabine d’ascenseur resta bloquée au troisième étage.
Elle voulait sortir du gouffre lorsqu’il remarqua la cabine pleine.
Deux personnes s’y trouvaient. Un mystique et un intouchable, pas n’importe qui : Paul, le
directeur général, archange et colonel à la retraite et à sa droite un grand curé aux
moustaches courtes et fines, très entreprenant.

Quand elle les aperçu, elle sourit, la belle chatte. Son visage s’éclaire, sa robe se fend.
C’est l’heure, c’est torride, ils ont froid tous les trois.

Car Nancy regarde l’ordinaire comme une chose nulle, médiocre, sans importance.
Aurélien a le sentiment de la honte, mais l’expérience fait la jeunesse. Ils se baisent les
mains. C’est vouloir que pouvoir rendre un être servile, un homme de main comme valet au
service de la reine des pieds.

C’est pénible dix minutes. J’avais pas vraiment envie de l’entendre. Vanina piqua une tête
dans la cabane en chêne, ses longues jambes emportaient l’air et deux mois de salaire.
Comme Aurélien, l’homme était bon, il rentra chez lui. Enfin la discipline empêche
l’homme d’être détourné de sa destination. il glissa in fine refroidi, dézingué dans son trou.
Par conséquent, rien ne sert de lutter, écrivait-elle sur la forme du fond du drapeau noir et
blanc et gris dedans.

L’homme ne peut devenir femme que par l’éducation. Il n’est rien que ce que l’éducation
fait d’elle un homme, il convient de le remarquer, elle ne reçoit son éducation que d’autres
hommes, éduqués par les mêmes voies voit aussi un défaut de discipline et d’instruction
chez quelques uns ou quelques unes en fait-il en fait-elle à leur tour de piètres éducateurs de
la pensée.

Afin qu’ils qu’elles s’habituent à demeurer tranquillement assis et à observer ponctuellement
ce qu’on leur mitonne, de sorte que par la suite elles ils puissent ne pas émettre réellement
sur-le-champ leurs idées à exécuter de telle façon qu’il qu’elle ne se précipite pas dans les
dangers sauvages et sans réflexion de l’action, contractée sans respiration, menée sans
intelligence, diligentée sans contrepartie ni jeu.

En apprenant qu’il va devoir travailler des jours comme femme de chambre à l’hôtel du luxe,
Domino ne se doute pas qu’on va devoir faire face aux difficultés, et qu’on risque de payer
amère et père la réputation de fille à papa fils à mama. Mais on ne s’attend pas à ce que
l’obstacle, loin de venir du travail même, émane du comportement du directoire de l’hôtel,
bien trop sexy, qui ne cache rien du mépris qu’on éprouve doucement, mais rien non plus du
désir brut qu’on semble insuffler. Déterminé(e) à leur rappeler les règles, Domino tout de go
les accompagna dans une salle de réunion à proximité du hall, les invita à s’asseoir autour
de la table et les maria.

octobre 2015